LUMIERE
Don du ciel qui nous permet de voir et de comprendre où nous sommes,d'apprécier le miracle de la couleur.
Car la matière est sélective
et ne nous renvoie qu'une partie du spectre solaire
en nous enchantant de la symphonie de l'arc-en-ciel.
A la rugosité des difficultés de l'existence
avec ses problèmes, ses oppositions ses heurts
la lumière permet d'apprédier la somptuosité de la nature
dans son expression florale,
jouissance momentanée que la mémoire conserve
et dont l'imagination ravive le souvenir.
A l'obscurité de la nuit
les premiers rayons de soleil, réveillant le Sphinx de Gizeh,
nous inviterons à jouir de ce cadeau universel : l'amour de la vie,
de cette petite flamme personnelle, cette lumière intérieure
que nous transmettons et voudrions éternelle.
André TURPIN
DANS LE SILENCE
Dans le silence de mes interrogations,
pour ne pas céder à la tristesse,
pour vaincre la sinistrose ambiante,
pour refuser la monotonie qui grisaille toute chose,
j'ai plongé mes pinceaux dans la lumière de l'arc-en-ciel.
Alors la surface blanche du tableau,
cette arène; ce champ clos où l'esprit affronte la matière,
s'est animé d'un bouquet multicolore, d'un feu d'artifice.
Un concert silencieux a réveillé la torpeur.
La symphonie éclatante des tons purs a retenti.
La luminosité atténuant les couleurs,
créant de douces mélodies
ont charmé le regard.
La spontanéité du jaillissement orchestré par
le rythme linéaire des contours francs ou subtil
offre à l'oeil la possibilité d'un parcour attractif.
Captiver et séduire le regard de l'autre,
celui à qui je voudrais faire partager
mon enthousiasme,
ma tendresse, ma joie de vivre,
reste mon désir le plus cher.
Le temps s'enfuit comme une poignée de sable,
L'actualité, les nouvelles nous bousculent.
L'éphémère nous emporterait
si l'ancrage silencieux du tableau,
cette fenêtre ouverte dans notre contingence,
n'ouvrait sur un ailleurs :
la beauté devenue inaltérable, le passé qui demeure,
la communion avec l'énergie créatrice de l'artiste,
autant de valorisation de notre passé visuellement présent.
Que pensait Chardin devant ses chaudrons;
Corot près des étangs de Mortefontaine,
le jeune Rubens copiant Michel-Ange à la Sixtine,
Soulages plongeant dans le noir la toile blanche ?
peut être que le poête avait raison en écrivant
“ Objets inanimé avez-vous donc une âme
qui s'attache à notre âme et la force d'aimer “.
4.01.2012