Alba ARANDA
Née en URUGUAY. Vit en FRANCE depuis plusieurs années.
L’éternelle tentation de classer les peintres, de les faire entrer dans une catégorie, se heurte pour Alba ARANDA à une production si variée et contrastée que cet exercice est sans issue.
« Mon inspiration vient de mon être intérieur, peindre est pour moi un besoin intérieur.
Ma peinture est intuitive, spontanée. Les couleurs sont mes guides sur des chemins inconnus mais jalonnés de souvenirs, d’espaces infinis, dans l’intemporel… »
La diversité de sa peinture puise donc dans ce monde intérieur nourri de littérature, de musique, de paysages naturels gravés dans la mémoire, de réminiscences mais aussi de sensations plus immédiates.
C’est bien la richesse de cette inspiration, filtrée par sa sensibilité, qui explique une production à ce point multiple, pouvant donner ces toiles quasi monochromes dont la couleur ne vit que de subtiles vibrations (comme dans un nuage, une fumée…) mais aussi des organisations plus dessinées, voire totalement géométrisées, jouant d’une palette large et contrastée.
Entre ces deux expressions si opposées (pour le spectateur) se situe peut- être le cœur le plus personnel de son œuvre : ces compositions, hors de tout « tracé régulateur » ou de géométries savantes, mais dont émergent des masses colorées, comme d’un rêve, dont il est difficile de rendre compte par une description rationnelle, et qui donnent à voir (ou à supposer) des paysages fantastiques, des architectures monumentales, ou souvent l’alliance des deux, les formes qui se dessinent pouvant être, pour le spectateur, celles d’un relief naturel auquel se mêlent des volumes construits.
Ce qui caractérise les toiles de se type est l’extraordinaire puissance des formes et ambiances offertes à notre regard, la vigueur, la force des compositions, si différentes de ces autres toiles en fluidité, évanescentes, mais qui elles aussi renvoient au rêve lorsque d’un nuage léger ou au contraire d’un magna tellurique profond, émergent un personnage, une silhouette, un visage… Cette aptitude à passer sans « programme » initial convenu a priori, des couleurs brossées librement sur la toile à des figures identifiables révélant des paysages ou des personnages, explique en partie la vocation d’art thérapeute par l’aquarelle mouillée qu’ Alba Aranda pratique par ailleurs.
La richesse de son œuvre n’est pas non plus étrangère à sa fréquentation ancienne et incessante des peintres qu’elle a rencontrés dans les musées, les expositions, les biographies, ou peut-être dans ses rêves… Arrivant en France pour la première fois en 1992, Alba Aranda a été amenée à fréquenter la famille VAN GINDERTAEL, très liée aux peintres de Montparnasse : ce n’est sans doute pas un hasard, ses « chemins inconnus » ne se sont pas trompés ….
De même, au fond, que son impalpable intuition, ses « rêves intérieurs intemporels »n’induisent ni une froide abstraction ni une figuration desséchée, mais s’incarnent au contraire dans des expressions picturales bien présentes, profondes et attachantes.
Septembre 2010. |